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Coaching & Consulting: Les Intrus n’ont pas leur Place !


Combien de fois rencontrons-nous des coachs ou des consultants qui ont besoin d’être ‘coachés’, ou qui ont besoin d’être assistés alors qu’ils s’auto-proclament au sommet de la connaissance? Combien de fois nous nous demandons comment et à partir de quels critères ces derniers se proclament ainsi ? La réponse à ces deux questions est malheureusement : souvent, fréquemment, ou pratiquement tous les jours. Quoique le métier du coach et la profession de consultant sont, sans aucun doute, nobles et créateurs de valeur, mais nous avons de plus en plus de malaise et d’incompréhension vis à vis des abus d’utilisation, dans tous les sens, des titres qui y sont associés.


Les métiers de coach et de consultant sont réglementés dans certains pays, comme ils ne le sont pas dans plusieurs autres. Dans l’absence d’ordres de coach ou de consultants bien établis, les appellations en question sont souvent galvaudées. Nous nous trouvons souvent devant la prétention prématurée et l’audace disproportionnée de personnes qui essayent de se retrouver, professionnellement parlant, après un échec. Il n’y a certainement pas de mal à se reconvertir vers du consulting ou du coaching suite à une carrière professionnelle résultante d’un ensemble de réussites ou/et parfois d’échecs. En effet, il est clairement valorisant, pour des personnes dans ce cas, de partager leurs vécus et leurs expériences avec des professionnels moins expérimentées. Ce qui n’est pas constructif est de ne pas comprendre et de ne pas corriger les raisons de son échec, puis se lancer dans des métiers pour prôner des discours qui ne sont que très loin de la réalité vécue.


Il faut reconnaître que les meilleures des réussites des sommités intellectuelles, des consultants et des coachs reconnus mondialement sont suite aux pires des échecs ou suite à un travail profond sur soi-même. A titre d’exemple, ceci était le cas pour le fondateur de la psychologie analytique Carl Jung, et le philosophe Friedrich Nietzsche qui ont passé une quinzaine d’années renfermés dans leur tourmente psychologique avant de retrouver le monde extérieur avec des révélations et des théories qui impactent et séduisent, par la suite, l’humanité pendant des siècles. Nous n’allons tout de même pas demander à tous les consultants et les coachs de se renfermer pendant des années pour faire leurs preuves, mais il est clair que ces derniers ont besoin de satisfaire certains critères de base:

  • Ils doivent aimer leurs métiers par choix et non en tant qu’échappatoire à un échec.

  • Ils doivent mettre à jour leurs connaissances continuellement à travers l’expérimentation, l’autocritique, la formation, et l’autoformation.

  • Ils doivent avoir la conscience professionnelle pour reconnaitre la limite de leur savoir-faire et de savoir dire que certaines prestations sont hors leurs domaines de compétences.


Enfin, et afin d’aider les coachs et les consultants à créer de la valeur et à développer la pertinence de leurs interventions, les clients des prestations intellectuelles ont certainement un rôle primordial à jouer à travers des pratiques et des approches de gestion, à l’instar de:

  • Analyser, d’une façon continue et non uniquement au début des missions, la pertinence du choix du consultant/coach à partir de ses réalisations passées et des méthodes qu’il/elle préconise dans les interventions qu’on lui confère

  • Contrôler la qualité des prestations intellectuelles à travers des indicateurs de performance mesurant les résultats durables et non seulement les quick-wins

  • Juger la capacité du consultant/coach à utiliser des benchmarks et des procédés d’innovation en les adaptant aux particularités du client avec des projections des résultats dans le moyen ou le long terme.

  • Dans les missions type ‘Delivery’, Analyser la capacité d’un consultant à absorber une charge de travail exceptionnelle ou contrôler l’agilité d’un coach dans un accompagnement opérationnel pour répondre à une problématique dans le court terme.


Par Farid Yandouz