Résolution 2026: Faire mieux avec ce qu'on a déjà ...
- Farid Yandouz
- 2 days ago
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Pourquoi penser à adopter de nouvelles résolutions, alors qu’on pourrait avant tout choisir de capitaliser sur ce que l’on a déjà réussi à construire l’année passée ? Cette question n’est pas une provocation, mais une invitation à changer de regard. D’autant plus que les chiffres montrent que cette approche est loin d’être intuitive : selon les études internationales, seuls environ 20 % des salariés dans le monde se déclarent réellement engagés dans leur travail (Sources en bas de l'article).. Autrement dit, le principal levier de progrès ne réside pas toujours dans l’ajout de nouveaux objectifs, mais dans la capacité à renforcer ce qui fonctionne déjà et à créer les conditions d’un engagement durable. Chaque début d’année pousse naturellement à vouloir « faire plus », « faire mieux », ajouter de nouveaux objectifs, parfois au risque d’oublier le chemin déjà parcouru. Or, progresser ne signifie pas forcément repartir de zéro ou se réinventer entièrement. Cela peut aussi vouloir dire consolider, approfondir, renforcer ce qui fonctionne déjà.
Capitaliser sur ses réussites, c’est reconnaître les efforts fournis, les apprentissages acquis, les équilibres trouvés. C’est accepter que la continuité est parfois plus puissante que la rupture. Les résolutions ne devraient pas uniquement être des promesses de changement, mais aussi des engagements de constance, de fidélité à ce qui nous a permis d’avancer.
Ainsi, plutôt que d’opposer nouvelles résolutions et acquis de l’année précédente, il devient plus juste de se demander : comment faire mieux avec ce que j’ai déjà ? Comment donner plus de profondeur, de sens et de cohérence à ce qui a porté ses fruits ?
C’est aussi une manière d’ancrer son regard sur la moitié pleine du verre. Prendre le temps de voir ce qui est déjà là, ce qui fonctionne, ce qui nourrit. Et surtout, choisir d’ajouter sur cette base, d’enrichir l’existant, plutôt que de chercher sans cesse à remplir d’autres verres. Car multiplier les contenants ne garantit ni l’équilibre ni la satisfaction ; parfois, c’est en prenant soin de ce que l’on a déjà commencé à remplir que l’on avance le plus durablement.
Concrètement, cela peut aussi s’appliquer très directement dans le champ professionnel. Les données le confirment : des équipes engagées affichent jusqu’à +23 % de profitabilité, avec nettement moins d’absentéisme et de turnover. Dans ce contexte, consolider une organisation qui fonctionne, préserver des rituels efficaces ou maintenir un bon équilibre de travail n’est pas un confort, mais un véritable choix de performance. Si une manière de travailler permet déjà de tenir les délais sans s’épuiser, l’enjeu n’est pas de multiplier les méthodes ou les outils, mais de renforcer cette organisation. Si une équipe fonctionne bien, avec des rituels clairs et une communication fluide, il ne s’agit pas forcément d’ajouter de nouveaux process, mais de préserver ce cadre et de le faire mûrir. Si un équilibre a été trouvé entre performance et qualité, ou entre engagement et recul, alors cet équilibre mérite d’être consolidé plutôt que remis en question à chaque nouvelle année.
Dans un registre plus personnel, la logique reste la même, souvent de manière encore plus évidente. Dormir suffisamment et bien, manger sainement, avoir un minimum de régularité dans son hygiène de vie sont des acquis discrets, presque silencieux. On n’y pense plus vraiment quand ils sont là, tant ils semblent aller de soi. Pourtant, ce sont souvent ces équilibres que l’on ne mesure pleinement qu’au moment où ils se fragilisent ou disparaissent.
Si une routine quotidienne apporte déjà de la clarté et de l’efficacité, l’enjeu est de la protéger plutôt que de la complexifier. Si le sommeil est réparateur, si l’alimentation soutient l’énergie plutôt que de la consommer, la priorité n’est pas d’expérimenter sans cesse, mais de préserver ce socle. Si certaines relations nourrissent la confiance et l’apaisement, il s’agit de leur accorder plus de place, pas de les reléguer au second plan. Car certains acquis ne prennent toute leur valeur que lorsqu’on les perd — et c’est précisément pour cela qu’ils méritent d’être reconnus et consolidés tant qu’ils sont là.
Ce choix n’est en rien un manque d’ambition. Bien au contraire. Les études montrent que les collaborateurs qui se sentent alignés et soutenus sont jusqu’à trois fois plus engagés et beaucoup moins exposés au burn‑out (Gallup, Wellbeing at Work ; World Health Organization ; Harvard Business Review).. Chercher l’alignement plutôt que l’accumulation d’objectifs, c’est donc investir dans une performance plus saine, plus stable et plus durable. Bien au contraire. C’est une quête d’un meilleur alignement, entre ce que l’on veut, ce que l’on fait et ce que l’on est capable de tenir dans le temps. C’est aussi une façon d’éviter l’éparpillement, cette course permanente à toujours plus, qui finit souvent par diluer l’énergie.
Parfois, avancer consiste simplement à rester fidèle à ce qui nous fait déjà grandir. À l’image de l’arbre de la photo de couverture, solidement enraciné, la croissance la plus durable ne vient pas toujours du mouvement, mais de l’ancrage. Il ne cherche pas un autre sol ; il approfondit ses racines là où il est déjà vivant. Et c’est précisément cette stabilité, silencieuse et souvent invisible, qui lui permet de traverser le temps. De la même manière, certaines résolutions gagnent à consister non pas à ajouter, mais à consolider — car on ne grandit pas en changeant sans cesse de terrain, mais en prenant pleinement racine là où l’on est aligné.
Je vous souhaite une année 2026 placée sous le signe de cet ancrage : une année pour consolider ce qui vous porte déjà, approfondir ce qui fait sens, et avancer avec justesse, continuité et confiance.
Par Farid Yandouz
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Sources et lectures complémentaires:
Gallup – Global Workplace Report : données sur le niveau d’engagement des salariés à l’échelle mondiale.
Gallup – State of the Global Workplace : analyses liant engagement, performance, profitabilité, absentéisme et turnover.
Gallup – Wellbeing at Work : études sur l’alignement, le bien‑être au travail et la prévention du burn‑out.
McKinsey & Company – Organizational Health Index : corrélation entre santé organisationnelle, performance durable et engagement.
Harvard Business Review : recherches sur l’impact des routines efficaces, de la continuité managériale et de l’alignement sur la performance.
MIT Sloan Management Review : études reliant bien‑être, pratiques managériales et résultats économiques.
World Health Organization (WHO) : données sur les risques psychosociaux, le burn‑out et la santé mentale au travail.




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